Décryptage d'une l'actu

Retrouvez l'éclairage de l'AEIM sur une actualité liée au handicap intellectuel.

L'expatriation continue

Alexandre Horrach | Directeur général de l'AEIM

 

Cela fait maintenant 12 ans que nous sollicitons les autorités et les financeurs pour créer un établissement spécialisé dans l'accueil des personnes en hébergement continu sur le nord du département. Ces personnes sont parfois âgées et en situation de handicap intellectuel important. Or, l'état des finances publiques ne nous permet pas de le faire.

Ce n'est par pour autant que nous allons baisser les bras car l'ugence ce fait de plus en plus pressante : aujourd'hui, à l'été 2014, cinq des personnes qui sont sur la liste d'attente de cet établissement qui n'est pas encore crée, sont déjà partis en Belgique. Ils n'avaient plus le choix : les parents âgés — certains ont plus de 90 ans —, ne pouvaient plus maintenir leur enfant à leur domicile et l'hôpital n'est pas l'élément de réponse.

Continuer la discussion

Pour nous, AEIM, la seule solution, c'est de continuer la discussion avec nos autorités, leur faire comprendre l'urgence des moyens à mettre en œuvre pour pouvoir faire bénéficier à ces personnes des conditions de vie dignes de ce nom.

Nous devons briser le recours systématique à l'expatriation. C'est notre rôle de faire tout ce qu'il faut, avec l'Agence Régionale de Santé et le département, pour pouvoir apporter ces éléments de réponses.

En savoir plus sur le cas de la Belgique

La marchandisation du handicap

Jacques Jeanjean | Parent et président adjoint de l'AEIM

 

La mission du secteur associatif est d’agir mais sans but lucratif... actions bénévoles que pointent du doigt le secteur lucratif qui a commencé à poser les deux pieds dans le secteur du vieillissement des personnes ordinaires, à gérer des EPAD pour faire des bénéfices et qui commence à entrer dans le secteur du handicap. D’où notre inquiétude, car on sait que quand la seule mission est de rentrer de l’argent pour le redistribuer aux actionnaires, les besoins des personnes accueillies dans ces établissements passent en second plan.

Ces acteurs du lucratif sont à l’échelle nationale, voire internationale, financés par des fonds de pension américains. D’où notre militantisme qui repart dans d’autres directions pour dire non : le secteur associatif avec ses valeurs est plus à même de s’occuper des personnes démunies que le secteur lucratif !